Reportage sur l’écrivain public du « 13 heures » de TF1 : Plume et Buvard réagit !

Ce n’est pas la pre­mière fois, ni cer­tai­ne­ment la der­nière, que nous nous retrou­vons face à une repré­sen­ta­tion réduc­trice et erro­née du métier d’écrivain public dans un média.

Mais cette fois, suite à un reportage sur l’écrivain public, censé décrire notre métier, diffusé au « 13 heures » de TF1 le 13 mars 2015, Plume et Buvard a écrit à la rédaction la lettre qui suit.

Visionnez le repor­tage et n’hésitez pas à com­men­ter sous l’article et la réponse de Plume et Buvard :

« Mesdames, Messieurs les jour­na­lis­tes,

C’est avec un cer­tain effa­re­ment que les écri­vains publics mem­bres de Plume et Buvard, asso­cia­tion des écri­vains publics pro­fes­sion­nels titu­lai­res de la licence pro­fes­sion­nelle de la Sorbonne Nouvelle Paris 3, ont décou­vert votre repor­tage sur le métier d’écrivain public, dif­fusé au « 13 heu­res » le 13 mars 2015. Nous som­mes hélas habi­tués à ce que notre métier soit pré­senté sans dis­cer­ne­ment dans les médias, lais­sant sou­vent croire que n’importe qui peut, du jour au len­de­main, sans for­ma­tion, s’improviser écri­vain public. S’il a le mérite de mon­trer l’existence des besoins, ce repor­tage demande pour le moins un reca­drage.

Limiter le métier et ses pers­pec­ti­ves aux seuls recours et cour­riers admi­nis­tra­tifs est une vision réduc­trice et dépas­sée. Nous vous invi­tons à décou­vrir sur notre site Internet [http://​plu​meet​bu​vard​.org/] la plu­ra­lité des pro­fils, des par­cours, des com­pé­ten­ces, des moti­va­tions, des pres­ta­tions, des publics de l’écrivain public, trop sou­vent assi­milé à sa repré­sen­ta­tion – si pit­to­res­que sans doute – de prête-​plume pour les illet­trés.

Plus grave, votre repor­tage créée une confu­sion entre le métier d’écrivain public et le conseil juri­di­que. En aucun cas l’écrivain public n’a le droit de se sub­sti­tuer à un juriste. L’une des qua­li­tés de l’écrivain public pro­fes­sion­nel, qui garan­tit son effi­ca­cité, est cer­tes sa connais­sance des tex­tes, des envi­ron­ne­ments juri­di­ques et sociaux, des par­te­nai­res – mais aussi et sur­tout sa conscience exacte des limi­tes de son inter­ven­tion. Il ne doit en aucune manière inter­fé­rer avec les autres pro­fes­sion­nels, mais redi­ri­ger au besoin les usa­gers et/​ou les clients vers des pro­fes­sion­nels dont c’est le métier. Cela est par­ti­cu­liè­re­ment sen­si­ble lorsqu’on aborde des pro­blè­mes d’ordre juri­di­que. Le bar­reau des avo­cats est très vigi­lant sur ce point.

En met­tant en avant, dans votre repor­tage, la capa­cité en droit obte­nue par l’écrivain public par le biais des cours du CNED, vous entre­te­nez la confu­sion entre les domai­nes pro­fes­sion­nels. La capa­cité en droit est une sim­ple « décou­verte » du droit, équi­va­lent du bac­ca­lau­réat, qui donne accès aux étu­diants aux concours admi­nis­tra­tifs de caté­go­rie B. Ce n’est en aucun cas un gage de com­pé­tence pour un écri­vain public. Il va de soi que notre objec­tif n’est pas ici de met­tre en cause l’écrivain public pré­senté dans le repor­tage, sans doute lui-​même vic­time d’un mon­tage un peu expé­di­tif – nous ne nous per­met­tons pas de pré­ju­ger de ses com­pé­ten­ces sans le connaî­tre.

Un diplôme natio­nal existe pour la for­ma­tion des écri­vains publics : la licence pro­fes­sion­nelle Conseil en écri­ture pro­fes­sion­nelle & pri­vée – Écrivain public, déli­vré par la Sorbonne Nouvelle Paris 3. Vous avez bien entendu la liberté de faire le por­trait d’un écri­vain public de votre choix pour illus­trer le métier, mais si votre objec­tif est de pré­sen­ter ce métier, pour­quoi ne pas vous appuyer sur des pro­fes­sion­nels diplô­més et qua­li­fiés ? Vous viendrait-​il à l’idée de pré­sen­ter le métier de jour­na­liste, qui recou­vre lui aussi des réa­li­tés très diver­ses, en dres­sant le por­trait d’un pigiste occa­sion­nel ou d’un chro­ni­queur de web­zine auto­pro­clamé ?

Nous som­mes à votre dis­po­si­tion pour vous orien­ter vers des écri­vains publics pro­fes­sion­nels qui se feront un plai­sir de vous faire décou­vrir tou­tes les facet­tes de notre métier.

Cordialement,
Viviane Le Houëdec, pré­si­dente de Plume et Buvard »

Plume & Buvard

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3 réponses

  1. 26 novembre 2015

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  2. 29 novembre 2015

    […] * À lire aussi sur Plume & Buvard : Plume & Buvard réagit au repor­tage sur l’ écri­vain public du « 13 heu­res » de TF1 di…. […]

  3. 29 novembre 2015

    […] ▪ Plume & Buvard réagit au repor­tage sur l’ écri­vain public du « 13 heu­res » de TF1, 13 mars 2015. Ce n’est pas la pre­mière fois que nous nous retrou­vons face à une repré­sen­ta­tion réduc­trice et erro­née du métier d’ écri­vain public dans un média. Mais cette fois, Plume & Buvard a écrit à la rédac­tion. Lire la let­tre. […]