Qu’est-ce qu’un écrivain public ?

Entretien écrivain public permanence métier

L’écrivain public aide les usagers, d’un point de vue rédactionnel et administratif, dans leurs démarches quotidiennes : logement, aide sociale, santé… En libéral, il répond aux demandes de ses clients : aide à la rédaction de courriers, écrits littéraires etc. De nombreux bénévoles assurent les prestations sociales mais devant la complexité et l’évolution des demandes, le métier se professionnalise.

écrivain public autrefois

Vieux métier mais…

Vous avez dit « vieux métier » ? À l’heure de la déma­té­ra­li­sa­tion, l’écrivain public n’a jamais été autant sol­li­ci­té. Il y a presque autant de défi­ni­tions de ce métier que d’acteurs. Il n’est pas tou­jours facile de sai­sir son pro­fil (lire l’encadré ci‐​dessous), étant don­né le carac­tère poly­morphe de ses inter­ven­tions. S’il peut être conseiller en écri­ture au sens large, il se posi­tionne sou­vent dans une rela­tion d’aide et a toute sa place dans les struc­tures sociales : Centre Communal d’Action Sociale (CCAS), centre social, mai­son de quar­tier, mai­son de la jus­tice et du droit…

L’écrivain public est la « plume » de l’usager. Il répond à dif­fé­rentes pro­blé­ma­tiques liées à l’illettrisme, l’analphabétisme, l’illectronisme , la non fran­co­pho­nie, l’inflation et la com­plexi­té admi­nis­tra­tives, le besoin de média­tion. Très concrè­te­ment, il rem­plit, en lieu et place du deman­deur, des for­mu­laires admi­nis­tra­tifs ou rédige des cour­riers, dans des pro­blé­ma­tiques de la vie quo­ti­dienne : dif­fi­cul­té finan­cière, de loge­ment, de san­té, recherche d’emploi, litige avec un voi­sin… Selon le Centre d’Information et de Documentation Jeunesse (CIDJ), « L’écrivain public faci­lite la com­mu­ni­ca­tion écrite avec l’administration : Sécurité sociale, allo­ca­tion fami­liale, dos­sier médi­cal, ser­vices des impôts, du per­mis de conduire… »

Mais le métier peut prendre une toute autre direc­tion… d’autres direc­tions. La plu­part des écri­vains publics com­plètent cette fonc­tion sociale par des acti­vi­tés qui dépendent de leur par­cours et des com­pé­tences qu’ils ont déve­lop­pées : ate­lier d’écriture, com­mu­ni­ca­tion, tra­duc­tion, cor­rec­tion, trans­crip­tion, écrits lit­té­raires… Ils répondent alors aux demandes, non plus des usa­gers, mais de leurs clients.

…qui se professionnalise

Bien que la pro­fes­sion ne soit pas régle­men­tée, l’écrivain public s’aligne sur le code déon­to­lo­gique du ser­vice social et s’engage à res­pec­ter la plus stricte confi­den­tia­li­té des infor­ma­tions qu’il est ame­né à connaître.

Ceux qui exercent cette fonc­tion ont sou­vent une expé­rience de la vie qui les pousse à une écoute com­pré­hen­sive et éclai­rée. Cependant, cette écoute et cette adap­ta­bi­li­té ne sont pas suf­fi­santes. Les lois évo­luent, les déci­sions admi­nis­tra­tives éga­le­ment. Devant la diver­si­té et la com­plexi­té des demandes, on demande à l’écrivain public de plus en plus de com­pé­tences. Une solide for­ma­tion est vive­ment conseillée. Parmi les diplômes pro­po­sés, la licence pro­fes­sion­nelle « Conseil en écri­ture pro­fes­sion­nelle et pri­vée – Écrivain public » déli­vrée par la Sorbonne Nouvelle (Paris 3) est le seul diplôme natio­nal. Elle « forme des pro­fes­sion­nels de l’écriture capables de répondre aux besoins à la fois de la col­lec­ti­vi­té et des per­sonnes pri­vées, en appor­tant à tous publics une aide à la rédac­tion. »

Profil de l’écrivain public
Il n’y a pas de sta­tis­tiques exhaus­tives sur le métier. Le réseau des écri­vains publics à voca­tion sociale a recen­sé en 2013–2014, sur 185 écri­vains publics :
• 57% de pro­fes­sion­nels
• 42% exer­çant en Ile‐​de‐​France
• 76% de femmes
• 45 ans de moyenne d’âge chez les pro­fes­sion­nels, 64 ans chez les béné­voles
• 43% de per­sonnes for­mées (Sorbonne 31%, diplôme juri­dique 21%, DU Toulon 17%, CESF (Conseiller en éco­no­mie sociale et fami­liale) 17%)
• CNED : 14%
• Métier exer­cé avant : tra­vailleur social 18%, ani­ma­teur socio­cul­tu­rel 12%, for­ma­teur /​étu­diant /​secré­taire 9%, juriste /​pro­fes­seur des écoles 5%
• Statut : sala­rié d’association 44%, agent de col­lec­ti­vi­té ter­ri­to­riale 42%, pro­fes­sion libé­rale 11%, auto‐​entrepreneur 3%

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