L’écrivain public et la lettre d’amour, un cliché ?

L’écrivain public et la lettre d’amour, un cliché vieux comme le monde ? Peut-​être parce que l’écrivain public, jadis, était aussi poète !

Les fon­da­tions his­to­riques de notre métier – l’autre plus vieux du monde… – sont sans doute à l’origine de repré­sen­ta­tions et de cli­chés per­sis­tants qui agacent ou amusent, selon leur humeur et le contexte, les écri­vains publics sou­cieux de leur image de pro­fes­sion­nel de l’écriture, moderne et qua­li­fié.

Ainsi, ils se demandent pour­quoi le public et les médias fan­tasment autant sur le mythe de la lettre d’amour, si peu repré­sen­ta­tive de leur métier – déso­lés de vous le dire, quoique cer­tains écri­vains publics pro­posent le ser­vice. Notre métier d’écrivain public ne leur semble sans doute pas suf­fi­sam­ment gla­mour.

« Puisque tu crains, tout seul, de refroi­dir son cœur,
Veux-​tu que nous fas­sions – et bien tôt tu l’embrasses –
Collaborer un peu tes lèvres et mes phrases ? »

Mais en ce jour de Saint-​Valentin, ce peut être, après tout, une pro­fes­sion de foi de l’écrivain public.

Sans doute las­sé ou amu­sé lui aus­si de ce cli­ché, un écri­vain public de Aiseau-​Presles, ville de Belgique proche de Charleroi, a choi­si de le retour­ner pour se faire un coup de pub : ce 14 février, il sera pré­sent dans un bureau de poste à Gembloux pour pro­po­ser d’écrire ou aider à l’écriture de cartes d’amour ou d’amitié pour la Saint-​Valentin. Salut l’artiste !

Au Tombeau des secrets, l' écrivain public au XIXe siècle, carte postale ancienne

À tous les amou­reux des mots, et aux amou­reux en géné­ral, Plume et Buvard offre la tirade du bai­ser dans Cyrano de Bergerac.

« Un bai­ser, mais à tout prendre, qu’est-ce ?
Un ser­ment fait d’un peu plus près, une pro­messe
Plus pré­cise, un aveu qui veut se confir­mer,
Un point rose qu’on met sur « l’i » du verbe aimer ;
C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un ins­tant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
Une com­mu­ni­ca­tion ayant un goût de fleur,
Une façon d’un peu se res­pi­rer le cœur,
Et d’un peu se goû­ter, au bord des lèvres, l’âme ! »

Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac (Acte III, scène X).

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.