Franceline Bürgel, écrivain public biographe

Franceline Bürgel est écrivain public biographe à Maubec, dans le Nord Isère. Interrogée par la journaliste Michèle Caron, elle parle de son métier, de la manière dont elle l’exerce, en donnant des informations pratiques.

Franceline a publié huit livres. Les pres­crip­teurs sont le plus sou­vent des maires de com­munes ou des asso­cia­tions. Sa spé­cia­li­té est de recueillir la mémoire des habi­tants des com­munes de l’Isère autour de Bourgoin-​Jallieu. Mais pas seule­ment : l’un d’entre eux évoque le sou­ve­nir de Rousseau pen­dant son séjour à Bourgoin et sur le pla­teau de Maubec, où il her­bo­rise et écrit les livres VII à XI de ses Confessions. La Rose et l’Églantine, Souvenirs d’enfance à Clévy raconte les sou­ve­nirs d’enfance de son père, fils d’un jar­di­nier d’une mai­son bour­geoise ; le livre a été remar­qué et recom­man­dé par Alain Baraton, jar­di­nier res­pon­sable du Domaine natio­nal de Trianon et du Grand Parc de Versailles, lors d’une de ses chro­niques heb­do­ma­daires sur France Inter. À l’occasion de la com­mé­mo­ra­tion du cen­te­naire, elle a entre autres pro­jets celui de racon­ter Bourgoin-​Jallieu et ses envi­rons pen­dant la Première Guerre mon­diale.

Diplômée de la licence pro­fes­sion­nelle (pro­mo­tion 2007–2008), Franceline est très atta­chée à cette for­ma­tion et ce diplôme qu’elle défend.

Il nous semble que cet inté­res­sant par­cours de Franceline est un encou­ra­ge­ment pour les lit­té­raires en for­ma­tion ini­tiale ou en recon­ver­sion pro­fes­sion­nelle, qui ont envie de se spé­cia­li­ser dans le récit de vie et d’en faire leur métier.

Cependant, si cer­tains médias relaient quel­que­fois un peu à la légère les écri­vains publics et écri­vains bio­graphes qui s’installent sans qua­li­fi­ca­tion, avec qua­si­ment pour seul bagage la fameuse phrase « depuis que je suis petit(e) j’ai tou­jours aimé écrire », nous tenons à affir­mer que le métier de bio­graphe requiert un savoir être et un savoir faire acquis. Certes l’amour de la langue et des apti­tudes rédac­tion­nelles sont néces­saires pour exer­cer le métier. Mais ce n’est pas suf­fi­sant, comme cela appa­raît en fili­grane de cet article de l’AFP, Des bio­graphes pour M. Toutlemonde, que nous avons déjà relayé.

Avoir une bonne qua­li­té d’écoute, com­po­ser une façon d’être dans la rela­tion qui met l’interlocuteur en confiance, repé­rer ses propres repré­sen­ta­tions cultu­relles et sociales, ses pré­ju­gés, pour s’en affran­chir, gérer les émo­tions de son client et par­fois les siennes propres, conduire un ques­tion­ne­ment, sor­tir de son angle de vue propre pour don­ner du sens à une situa­tion vécue, ajus­ter et modi­fier son com­por­te­ment, la ques­tion des limites – la liste est loin d’être exhaus­tive – cela s’apprend, et de pré­fé­rence pas en fai­sant ses pre­mières armes au détri­ment de son client.

C’est aus­si ce que nous rap­pelle Mireille dans son entretien-​témoignage : « Je n’avais pas de repré­sen­ta­tion pré­cise de la pro­fes­sion d’écrivain public lorsque je me suis ins­crite pour la licence pro­fes­sion­nelle. […] Sur le récit de vie, je n’avais aucun élé­ment non plus. J’avais mis une annonce sans savoir ce que cela impli­quait ; heu­reu­se­ment que je n’ai pas été sérieu­se­ment sol­li­ci­tée, parce que j’aurais eu du mal ! […] La for­ma­tion m’a vrai­ment confor­tée dans l’idée de faire des récits de vie et m’a don­né des élé­ments pour avan­cer plus vite. […] J’ai réin­ves­ti dans le récit de vie tout ce que j’ai appris au cours de la licence dans ce domaine. »

Écoutez l’émission « Les Portraits d’Isère : Franceline Bürgel », dif­fu­sée le mar­di 21 jan­vier 2014 à 13 h 30 sur France Bleu Isère :

En savoir plus et relire le sujet de l’émission sur le site de France Bleu Isère.

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