La Licence professionnelle Écrivain public – Conseil en écriture professionnelle & privée est le seul diplôme national d’écrivain public à ce jour. Délivrée par l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, elle est hébergée par le département de Médiation culturelle de l’unité de formation et de recherche Arts & Médias.
■ Les objectifs
Le but de la licence professionnelle Écrivain public est de former des professionnels de l’écriture capables de répondre aux besoins, à la fois de la collectivité et des personnes privées, en apportant à tous publics une aide à la rédaction.
La formation garantit les compétences des étudiants pour un poste dans le secteur social, socioéducatif ou socioculturel, au sein des collectivités locales et territoriales, associations, centres sociaux, points d’accès au droit, maisons de la justice et du droit, prisons, hôpitaux, maisons de retraite…
Elle leur donne les bases professionnelles utiles pour ouvrir un cabinet libéral d’écrivain public ou de biographe privé (accompagnement de l’évolution professionnelle et de la recherche d’emploi, services à la personne, récits de vie…) ou de conseil en communication écrite pour les entreprises (travaux de conception rédaction, correction, réécriture, rapports, synthèses, comptes rendus, contenu éditorial web…).
■ Les conditions d’admission
Chaque année sont recrutés environ 25 étudiants par promotion. La formation s’adresse aux titulaires de deux premières années de licence ou équivalent (lettres, langues, sciences humaines et sociales, ou autres, selon l’expérience) et aux étudiants de DUT, BTS (en particulier du secteur tertiaire).
Les candidats peuvent faire valider leurs acquis professionnels et/ou personnels afin d’obtenir leur admission.
L’admission se fait sur dossier, avec une épreuve écrite (résumé de texte). Suit un entretien devant un jury d’enseignants et de professionnels qui évaluent les connaissances, les aptitudes et la motivation des candidats à suivre la formation, la consistance de leur projet.
■ Structure et organisation des enseignements
Organisée sur deux semestres universitaires et forte de cette spécificité propre aux licences professionnelles, la formation s’articule autour d’axes complémentaires : un enseignement magistral théorique, des ateliers pratiques, des contacts avec des professionnels, l’action de terrain au cours d’un ou plusieurs stages.
Le cursus s’organise en six enseignements obligatoires :
Écritures : techniques d’expression et linguistique, atelier d’écriture dédié aux écrits professionnels et privés, atelier d’écriture créative, atelier d’écriture consacré au récit de vie, introduction aux supports de l’écrit (97 heures) ;
Culture générale : rhétorique, pragmatique, initiation à la littérature contemporaine, le récit autobiographique (62 heures) ;
Communication informatique, techniques documentaires (75 heures) ;
Enseignement juridique et social : cadres de la vie juridique, notions de droit social, droit fiscal, droit du travail ( 73 heures) ;
Psychosociologie (39 heures) ;
Sociologie de l’écriture (22 heures).
[Lire ou télécharger la fiche diplôme sur le site de la Sorbonne Nouvelle Paris 3]
On notera que ces enseignements ne sont pas centrés uniquement sur l’écriture. Les étudiants sont formés et sensibilisés aux techniques d’entretien. Ils ont une connaissance confirmée des environnements et des partenaires, dans les domaines sociaux et juridiques. Ils sont préparés aux enjeux et aux codes de communication, ils savent écouter et comprendre le message de leur interlocuteur pour mieux l’orienter et le conseiller.
Le professionnel de l’écrit diplômé de la Licence professionnelle Écrivain public – Conseil en écriture professionnelle & privée met ses compétences au service de son interlocuteur pour résoudre une problématique administrative ou sociale, émettre une expression créative, une oeuvre de mémoire, une communication commerciale ou tout autre démarche personnelle ou professionnelle.
Sa maîtrise de la langue lui permet de proposer une expression écrite structurée et performante en réponse aux objectifs, adaptée aux exigences et au profil du demandeur. Par sa connaissance des outils informatiques de bureautique et d’Internet, il optimise sa mission en valorisant sa rédaction par une mise en forme aboutie de l’écrit.
Cette formation pluridisciplinaire touche plusieurs aspects du métier. Elle aide les étudiants à construire leur projet professionnel, souvent lié à leurs propres compétences et expériences. Nombreux sont ceux en reconversion professionnelle qui mettent à profit leurs expériences précédentes pour développer un profil original, des niches d’activité. Cela explique la variété des professionnels issus de ce cursus et la diversité de leurs pratiques. L’année d’étude est aussi le premier pas vers la constitution d’un réseau.
■ Les conférences des métiers
Elles représentent 21 heures de la formation et sont obligatoires. Des responsables d’associations, des acteurs des secteurs public et privé et des professionnels de l’écriture interviennent auprès des étudiants sur des points ou des thèmes précis.
Ce peut être la présentation d’une institution, d’une structure, d’une nouvelle disposition légale ou administrative… Ou l’exemple d’un projet pilote, de méthodes d’approche et de travail, d’échanges de pratiques avec un écrivain public ou autre professionnel de l’écrit…
■ Les stages
À ce volume horaire total de 389 heures de cours et conférences, soit 14 heures hebdomadaires réparties sur le jeudi et le vendredi, pendant 27 semaines, s’ajoutent 400 heures de stage.
Des partenariats avec des maisons de justice et du droit, des points d’accès au droit, des mairies et des associations, des maisons de retraite… se poursuivent pour certains depuis dix ans. Les élèves de la dernière promotion sont chaque année invités à transmettre leurs adresses de stages et remarques utiles pour communication aux nouvelles promotions. L’association Plume & Buvard répertorie les lieux de stage expérimentés avec satisfaction par les étudiants des années passées.
Le stage est une partie essentielle de la formation. Le choix du ou des lieux de stage est libre. Il est conseillé aux étudiants de diversifier les expériences et d’effectuer plusieurs stages dans des lieux différents, des vocations variées. Ces échanges et actions de terrain en milieu professionnel permettent aux étudiants de se confronter à leur public, d’avoir un aperçu réel du métier, hors préjugés et fausses représentations. Le stage permet aussi d’expérimenter in situ des compétences découvertes pendant les enseignements. Il n’est pas rare qu’un étudiant infléchisse l’orientation de son projet professionnel initial suite à un stage. Ces stages débouchent parfois sur une embauche ou une vacation.
[Lire l'article : Paroles de diplômés : à propos des stages...]
■ Le mémoire et la soutenance
Les étudiants doivent rédiger un rapport de stage. Il donne lieu à une soutenance orale devant un jury.
L’objectif pour l’étudiant est de tirer l’analyse de ce qu’il a vécu, des compétences qu’il a acquises, de trouver des axes de réflexion et une problématique intéressante et pertinente pour mettre le métier en perspective, en regard de son projet professionnel.
Nombreux sont ceux qui pensent que les mémoires sont une mine pour la réflexion sur le métier d’écrivain public, qu’il faudrait les valoriser, les diffuser pour faire connaître le métier et ceux qui l’exercent. C’est un projet que Plume & Buvard souhaite mettre en place, qui demande des bonnes volontés.