À chaque projet professionnel son statut

Entreprendre entrepreneurs

Travailler en libéral, c’est pour un écrivain public s’assurer une totale indépendance et rencontrer un public différent de celui qu’il rencontrerait dans une structure sociale ou administrative. Lorsque vous vous installerez, vous serez amené à devoir créer votre entreprise et donc à en choisir la forme. Pas facile de se retrouver dans la jungle des structures et acronymes. Petit tour d’horizon des statuts pour un entrepreneur individuel.

1. L’entreprise individuelle

Un pro­fes­sion­nel de l’écriture – écri­vain public, pres­ta­tion intel­lec­tuelle s’il est en, a peu de frais en rai­son de l’objet de son acti­vi­té et du fait qu’il tra­vaille seul. Pour ces rai­sons, créer une entre­prise indi­vi­duelle est l’une des solutions.

Avantages :
– sim­pli­ci­té de pro­cé­dures : ins­crip­tion pos­sible sur inter­net, pas besoin de rédi­ger des statuts ;
– sim­pli­ci­té fis­cale : reve­nus à men­tion­ner sur la décla­ra­tion de reve­nus (votre patri­moine et celui de l’entreprise sont confondus) ;
– sim­pli­ci­té comp­table : ser­vices d’un comp­table et publi­ca­tion des comptes de l’entreprise non requis.

Inconvénients :
– vous êtes res­pon­sable sur vos dettes et sur vos biens personnels ;
– si les reve­nus dépassent les seuils pré­vus par la loi, vous serez sou­mis aux plus hauts barèmes d’imposition ;
– vous por­tez seul toute la res­pon­sa­bi­li­té de votre activité ;
– vous enga­gez votre patri­moine propre dans votre activité.

L’auto-entreprenariat
Le régime de la micro-​entreprise (auto-​entreprise) ne consti­tue pas une forme juri­dique propre, il dépend du sta­tut de l’entreprise indi­vi­duelle. C’est un régime sim­pli­fié de décla­ra­tion et de ver­se­ment des coti­sa­tions et contri­bu­tions sociales, selon le prin­cipe « pas de chiffre d’affaires, pas de coti­sa­tions ». Très simple à mettre en œuvre, il peut être choi­si si vous ne fran­chis­sez pas un seuil de recettes (por­té à 66 400 euros en 2018). Vous béné­fi­ciez avec ce sta­tut d’autres avan­tages.

2. Les autres formes de société

Lorsque votre acti­vi­té de conseil en écri­ture prend de l’ampleur, il peut être jus­ti­fié de chan­ger de régime.
L’Entreprise Individuelle avec une Responsabilité Limitée (EIRL) : sta­tut inter­mé­diaire entre l’entreprise indi­vi­duelle et l’EURL, a voca­tion à limi­ter l’étendue de votre responsabilité.
L’entreprise uni­per­son­nelle à res­pon­sa­bi­li­té limi­tée (EURL) : socié­té à res­pon­sa­bi­li­té limi­tée (SARL) avec un seul asso­cié, per­met de conser­ver la liber­té de l’entreprise indi­vi­duelle tout en béné­fi­ciant des avan­tages de la SARL.
La socié­té par actions sim­pli­fiées uni­per­son­nelle (SASU) : socié­té par actions sim­pli­fiée à asso­cié unique, alter­na­tive à l’EURL.

3. Le portage salarial

Aucune des deux solu­tions ne vous convient ? Le por­tage sala­rial com­ble­ra peut-​être vos attentes. Il vous assure une forme de sécu­ri­té, en fai­sant de vous un sala­rié tout en vous lais­sant une cer­taine indé­pen­dance. Il regroupe de mul­tiples pro­fes­sion­nels, écri­vains publics compris.
D’un côté, il y a vous, le pres­ta­taire, qui appor­tez une exper­tise. Ensuite, il y a votre client. L’originalité du por­tage sala­rial, c’est qu’une troi­sième par­tie entre en jeu : la socié­té de por­tage. C’est à cette der­nière que vous remet­tez le fruit de vos hono­raires. Elle pré­lève une com­mis­sion pour frais de ges­tion de la struc­ture et vous four­nit dif­fé­rents ser­vices : (…). Elle vous verse un salaire, après déduc­tion des charges sociales.

Avantages :
– flexi­bi­li­té : dis­po­ser de son temps (pos­si­bi­li­té aus­si de conti­nuer à tra­vailler pour votre employeur tout en vous met­tant à votre compte) ;
– absence de pla­fond auto-entrepreneur ;
– déduc­tion des charges : en tant que sala­rié por­té, vous appar­te­nez au régime des sala­riés, vous pou­vez déduire vos frais pro­fes­sion­nels ; de plus, vous pou­vez récu­pé­rer la TVA ;
– avan­tages sociaux : comme pour tout sala­rié, allo­ca­tions chô­mage, mutuelle d’entreprise, congés payés, droits à la retraite…
– pres­ta­tions : réseau pro­fes­sion­nel et site inter­net pour la pro­mo­tion et la visi­bi­li­té ; assu­rance civile, pro­fes­sion­nelle, à l’étranger… pour la sécu­ri­té ; for­ma­tion pour l’amélioration continue.

Inconvénients :
– coût : hono­raires (10% en moyenne) fac­tu­rés à l’entreprise client ;
– votre rému­né­ra­tion est impo­sée comme les salaires per­çus dans toute entreprise.

La coopé­ra­tive d’activités et d’emploi (CAE)
Les prin­cipes de la CAE sont simi­laires au por­tage sala­rial, excep­té quelques dif­fé­rences : les sala­riés sont éga­le­ment asso­ciés ; dans une CAE, un comi­té de pilo­tage doit être créé, qui com­prend les ser­vices de l’Etat, les direc­tions locales du tra­vail et Pôle Emploi ; et la CAE réunit des pro­fils beau­coup plus diver­si­fiés qu’avec le por­tage salarial.

Si vous vous sen­tez l’âme d’un entre­pre­neur, lancez-​vous. De nom­breux pro­fes­sion­nels et orga­nismes (Chambre de Commerce et d’Industrie, avo­cat…), vous aide­ront à éclair­cir votre pro­jet et sécu­ri­ser le choix de sta­tut de votre acti­vi­té. Bonne chance !

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